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‹‹ Mais c'est plus fort que moi, tu vois je n'y peux rien, ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien ›› Saez

 ‹‹ Mais c'est plus fort que moi, tu vois je n'y peux rien, ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien ›› Saez
J'aurais tant voulu être une autre personne. Une personne qui sourit toujours mais ne rit jamais, s'intéresse aux autres sans jamais les aimer, observe, étrangère et distante, ce pauvre monde; Indifférente à tout mais toujours attentive, qui ne parle que quand besoin est, dans un langage proche de l'écrit, à mi-voix, calme et sereine. J'aurais voulu être quasiment insensible, cachant plein de mystères dans un regard tranquille, ne jamais verser une goutte salée, n'avoir besoin de personne et détachée de tout. Qui suis-je ? Je n'en sais rien, mais je ne suis pas elle. Quand je vois mon reflet, dans le miroir glacial, je n'ai pas de réponse, juste quelques boutons, du maquillage qui coule comme un masque arraché et l'air de n'être pas vraiment au bon endroit. Je ne suis sûre de rien excepté de mes mots qui sont mes seuls sauveurs, mon pont avec le monde, avec la vérité. Dans le regard des autres, sans objectivité, je vois mes qualités et mes défauts contraires et souvent je ne vois que ce que je veux voir. Et dans certains regards, je ne vois rien que lui, qui me hante toujours. Je vois en moi ses gestes, ses paroles, son ton, ses idées, ses défauts et ses contradictions. Alors je ferme les yeux mais lorsque je les rouvre, il n'a pas disparu, il me rappelle sans cesse qu'en voulant l'effacer, je suis devenue lui. Je le hais de tant me ressembler mais me hais encore plus de lui être si semblable. Tout tourne dans ma tête et plus rien n'a de sens. Une idée me vient, une autre la remplace. Mes convictions s'effacent quand de nouvelles arrivent. Quand l'on me dit un mot, je le crois tout de suite, puis l'on m'en dit un autre qui m'apparaît plus vrai. Je ne sais ni qui je suis, ni même ce que je pense. Ma seule certitude, c'est ce que je ne veux pas être et mon plus grand malheur c'est pourtant d'être cela. Il me vient souvent, dans un flot de pensées, que ce monde est trop petit pour qu'on y vive à deux, que s'il est toujours là, c'est moi qui dois partir, que la présence de l'un finira par tuer l'autre. Tout cela me fait peur, moi même je m'effraie parce que je suis quelqu'un que je ne connais pas et il paraît qu'il ne faut pas faire confiance aux inconnus.

Ca pue l'égocentrisme.

# Posté le jeudi 13 novembre 2008 19:43

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