‹‹ Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit. ›› - Brel

‹‹ Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit. ›› - Brel
En posant le pieds sur ce bateau, j'ai cru monter dans l'arche de Noé. Des vieux, laids, aigris, hypocrites, vieux, avaient envahi le bateau. Le brouhaha permanent et inintelligible que produisaient leurs voix rouillées oscillaient entre la colonie de vacances et le zoo. Insupportables, le doigt tendu pour dénoncer tout ce qui contrevenait à leur triste ordre établi, à leur morale prédéfinie. Confortablement installés sur leurs sièges et dans leurs préjugés, ils poussaient de grands "oh" dès que le bateau tanguait sous les vagues. Entre l'animal et l'enfant, il y a le vieux. Entre l'inconscient et le peu conscient. Entre le cri et le balbutiement. Entre la vie et la mort. Le vieux c'est la modération, le juste milieu, et ça ne vit plus, un vieux. Ca ment chaque matin, quand cela pose un pied au bas de son lit trop moelleux, quand cela s'habille pour cacher les rides de son corps, quand cela rit pour étouffer le bruit de la faux qui crie dans ses oreilles. Et quand ça meurt enfin, cela n'y change rien, ça n'était que poussière depuis bien des années.


La plus belle chanson d'amour de tous les temps ! LOVEDJPIERROT

# Posté le mardi 30 septembre 2008 14:01

Modifié le mardi 14 octobre 2008 15:21

‹‹ Mais demain c'est tellement plus tard ... ›› - Volo

‹‹ Mais demain c'est tellement plus tard ... ›› - Volo
Embarquer sur le fleuve de la mélancolie comme le seul endroit où bien et mal s'allient, sur ce fleuve de larmes aux lourds relents d'alcool pour que les mots, enfin, aient droit à la parole. Se jeter, plein de peine, dans des bouteilles pleines, en sortir au matin, se rendre au quotidien et se rendre au mensonge qui en plein jour nous ronge. Oublier la douleur avalée par les chiottes, oublier la douleur racontée à nos potes, taire la vérité jusqu'au verre d'après, jusqu'à la nuit tombée. Puis revenir enfin le long des courts cours d'eau qui nous font oublier que rien ici n'est beau, et nous rappellent aussi que tout en nous est laid et nous laissent filer le long de leurs degrés. Revenir s'enfermer dans des bouteilles en verre, bouteilles en vérité qui chauffent nos hivers. Revenir à la source et y laisser nos larmes, trouver à ces contrées humides un peu de charme, le charme de Gainsbourg, le charme qui nous bourre, la laideur qui nous plait à force de parler. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, la vie est un long fleuve de bile, d'un spleen qui prend racine bien trop loin dans l'humain, de la mélancolie que l'on tient dans nos mains.

# Posté le lundi 15 septembre 2008 15:54

‹‹ Au diable les rêveurs qui, ne tenant pas debout, se passent la mort aux doigts ›› - Saez

‹‹ Au diable les rêveurs qui, ne tenant pas debout, se passent la mort aux doigts ›› - Saez
Installez-vous dans la routine, on la dit confortable. C'est un grand lit moelleux qui ne craque pas sous le poids de vos larmes. Allez-y, montez dans ce wagon immobile qui ne démarrera jamais. Mais une fois que vous serez installés, un journal entre les mains pour regarder le malheur de loin et le cul sur un fauteuil, ou collée à votre micro-onde, à vous faire pousser des mains pour tenir votre gamin, votre marmite et votre livre de Marc Levy en même temps, une fois ce quotidien enclenché, vous ne pourrez pas en sortir. Ne pensez pas que vous pourrez ainsi jeter votre chéquier dans une bouche d'égout, poser votre gosse entre le four et le frigo en lui intimant l'ordre de ne pas bouger, éteindre la télé, vous décoller de cette routine gluante et partir. Restez-là. C'est bien. Vous aurez des sous toute votre vie, vos enfants aussi, vos petits-enfants aussi si la Terre tourne encore. Vous aurez des matelas presque aussi gros que vous et des téléphones qui vous gratteront les pieds au réveil en vous faisant des tartines. Vous AUREZ. Et qui serez vous, sinon Monsieur ou Madame Quidam, né un jour, mort et oublié pour toujours ? Vous ne serez personne — personne sans majuscule, ça va de soi, mais peu vous importe, vous aurez plus que tout ce que l'on peut être. Allez-y, installez vous pour un aller sans retour vers un enfer anesthésié. Moi j'me casse, loin de tout ça.

# Posté le mardi 09 septembre 2008 13:06

Modifié le mardi 09 septembre 2008 13:22

‹‹ On a pas la thune, mais l'espoir ›› - Saez

‹‹ On a pas la thune, mais l'espoir ›› - Saez
‹‹ C'est dans ces moments là, quand on fait n'importe quoi, qu'on se sent le plus vivre ››
Dixit : La Pigeonne


"On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans"
Dit un certain Rimbaud encore adolescent,
Qui rirait avec nous en remplissant son verre
Pour dépasser un peu les futiles frontières
De ce monde d'ennui où la vieillesse rôde
Et où nos vies, déjà et trop vite, s'érodent.

A dix-sept ans on dort là où le vent nous mène
Et s'il n'y en a pas on se crée un domaine
Où la vérité vainc, crachée dans la vodka,
Au goût de liberté, de rire et de tabac
Et le chant de la mer vient bercer nos soirées
Quand le sable du sol devient un oreiller.

Quand on a dix-sept ans on a le pouce en l'air,
On vit comme des vieux menacés du cancer
Ou comme des jeunes menacés de vieillir,
On va vers nulle part, on veut juste partir,
Fuir ce monde banal et goûter à la vie
Avant que le tombeau ne dise "c'est fini".


Merci à TOUS pour TOUT.
Je veux un hiver aussi bien que cet été.

# Posté le samedi 19 avril 2008 09:29

Modifié le dimanche 07 septembre 2008 05:41