"La mélancolie, c'est un désespoir qu'a pas les moyens." - Léo Ferré

"La mélancolie, c'est un désespoir qu'a pas les moyens." - Léo Ferré
Le temps est doux ce soir. Assise sur les tuiles branlantes du toit, la tête pleine de fumée et des moqueries que Brel adresse aux vieux, je songe à la mélancolie qui vient de m'être chantée par Férré. Elle est là et chatouille mon coeur de dix-sept ans. Elle m'offre des mots et souvent des larmes. J'en suis amoureuse tant je la trouve belle. Elle fait chanter dans mon crâne des vers de Baudelaire, une phrase d'Hugo, la voix de Saez et Léo Ferré qui la dit si bien. C'est trivial, "c'est voir deux amants qui lisent le journal", mais c'est aussi noble que "Victor Hugo et Léopoldine", ça froisse mon coeur, ça brûle mon sang et puis ça esquisse sur ma triste gueule un petit sourire. Ca me crie des mots quand y'a du silence, qui s'inscrivent dans la mélodie de Ferré qui m'trotte dans la tête, que je n'sais oublier. Ca m'allume ma clope qu'il pleuve ou qu'il vente, éteignant l'espoir duquel je me vante. Ca m'rend bien et mal et tout à la fois, ça crée des images dans ma pauvre tête, y jette des souvenirs, quelques silhouettes que la vodka d'antan ne sait m'éclaircir. Je pense à la mélancolie de ne pas savoir d'où elle provient, à la mélancolie du départ futur, des autres qui font mal, des autres qui font bien, de l'enfer des autres comme l'a dit Sartre, où l'on est si bien, masochistes humains. Je pense à Beckett qui dessine si bien ce qui n'a pas de sens et où l'on se plait, qui dit l'inconfort de l'humanité, les cons sont si forts de n'pas y penser. Les mots ne valent rien, on peut souffler dessus, ils s'envolent aussitôt comme sur ces humains qui se croient immortels mais que le temps rattrape. La mélancolie me fait dire tout ça et bien d'autres conneries mais quand je l'entend, murmurée par le vent ou chantée par l'artiste, mon coeur s'accélère sans savoir pourquoi. La mélancolie, n'a pas de raison mais souvent raison.

# Posted on Tuesday, 16 December 2008 at 6:48 PM

Edited on Thursday, 18 December 2008 at 12:49 PM

‹‹ Cause I'm looking at you through the glass... Don't know how much time has passed all I know is that it feels like forever ›› Stone Sour

 ‹‹ Cause I'm looking at you through the glass... Don't know how much time has passed all I know is that it feels like forever ›› Stone Sour




Nous sommes une oeuvre d'art que jamais le temps
Ne pourra abîmer malgré ce qu'il lacère
Qu'il griffe, qu'il ride de son poignard d'argent
Et ce qu'il étouffe de sa poigne de fer,

Nous sommes les artistes de notre tableau,
Nous sommes en couleurs et quelques fois en gris
Car hélas ! Le ciel n'est pas toujours aussi beau
Que tout ce que l'on peint et ce que l'on écrit,

Notre oeuvre d'art n'ira jamais dans un musée
Sinon celui de l'absurde abstrait, éternel,
Celui de la beauté et de l'éternité,
Celui de la rencontre et de l'exceptionnel.

# Posted on Sunday, 16 November 2008 at 7:08 PM

‹‹ Mais c'est plus fort que moi, tu vois je n'y peux rien, ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien ›› Saez

 ‹‹ Mais c'est plus fort que moi, tu vois je n'y peux rien, ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien ›› Saez
J'aurais tant voulu être une autre personne. Une personne qui sourit toujours mais ne rit jamais, s'intéresse aux autres sans jamais les aimer, observe, étrangère et distante, ce pauvre monde; Indifférente à tout mais toujours attentive, qui ne parle que quand besoin est, dans un langage proche de l'écrit, à mi-voix, calme et sereine. J'aurais voulu être quasiment insensible, cachant plein de mystères dans un regard tranquille, ne jamais verser une goutte salée, n'avoir besoin de personne et détachée de tout. Qui suis-je ? Je n'en sais rien, mais je ne suis pas elle. Quand je vois mon reflet, dans le miroir glacial, je n'ai pas de réponse, juste quelques boutons, du maquillage qui coule comme un masque arraché et l'air de n'être pas vraiment au bon endroit. Je ne suis sûre de rien excepté de mes mots qui sont mes seuls sauveurs, mon pont avec le monde, avec la vérité. Dans le regard des autres, sans objectivité, je vois mes qualités et mes défauts contraires et souvent je ne vois que ce que je veux voir. Et dans certains regards, je ne vois rien que lui, qui me hante toujours. Je vois en moi ses gestes, ses paroles, son ton, ses idées, ses défauts et ses contradictions. Alors je ferme les yeux mais lorsque je les rouvre, il n'a pas disparu, il me rappelle sans cesse qu'en voulant l'effacer, je suis devenue lui. Je le hais de tant me ressembler mais me hais encore plus de lui être si semblable. Tout tourne dans ma tête et plus rien n'a de sens. Une idée me vient, une autre la remplace. Mes convictions s'effacent quand de nouvelles arrivent. Quand l'on me dit un mot, je le crois tout de suite, puis l'on m'en dit un autre qui m'apparaît plus vrai. Je ne sais ni qui je suis, ni même ce que je pense. Ma seule certitude, c'est ce que je ne veux pas être et mon plus grand malheur c'est pourtant d'être cela. Il me vient souvent, dans un flot de pensées, que ce monde est trop petit pour qu'on y vive à deux, que s'il est toujours là, c'est moi qui dois partir, que la présence de l'un finira par tuer l'autre. Tout cela me fait peur, moi même je m'effraie parce que je suis quelqu'un que je ne connais pas et il paraît qu'il ne faut pas faire confiance aux inconnus.

Ca pue l'égocentrisme.

# Posted on Thursday, 13 November 2008 at 7:43 PM

Paris je t'aime.

Paris je t'aime.
Paris et son métro qui le transperce de part en part, Paris et ses grenadines à 5¤, Paris et tous les spécimens que l'on peut y croiser, Paris à travers la fumée de nos clopes, Paris et toute l'inspiration que j'y ai puisé, Paris et ses soirées galères à errer dans la Garenne Colombes, Paris et Baudelaire, Saez, Brassens, Paris et le théâtre et son absurdité, Paris et son cimetière, Paris et sa beauté à chaque coin de rue, Paris ébranlé par nos fous rires, nos larmes et nos pensées, Paris et mon manteau de brave couillon, Paris qui se reflète dans une certaine bassine, Paris et ses clochards qui vendent des cendriers, Paris et ses gens géniaux, Paris et ma Télé à Pattes, Paris et mon train qui s'en va ...

# Posted on Wednesday, 05 November 2008 at 2:02 PM

Nostalgie anticipée et souvenirs.

Nostalgie anticipée et souvenirs.
‹‹ Quand je partirai, nez au vent,
Le sac au dos, la clope aux dents
Et la liberté loin devant,
J'aurai des souvenirs ardents
Qui brûleront dans mon esprit
Comme pour ralentir ma course,
Qui me rappelleront, sans bruit,
Qu'il faut revenir à la source.

Je m'enfuirai, le rire aux lèvres,
De la nostalgie plein le sac,
Je courrai tout droit vers mes rêves,
Vers le bonheur et vers les claques,
Je ne me retournerai pas
Sur vos fumées de cigarettes,
Sur vos adieux, s'il y en a,
Sur les souvenirs dans ma tête :

Le bruit du bus qui, le matin,
Toussait en descendant la pente,
Tous ces soirs au fond des jardins
A cracher des douleurs latentes,
A cracher la fumée des clopes
Et des joints qu'on roulait parfois
Car la vie est une salope
Et qu'on l'oubliait comme ça.

Je me rappellerai de tout,
Du ménage après les soirées,
Des soirs à dormir n'importe où
Parce qu'on était toujours bourrés,
De nos pouces tendus, le soir,
A des voitures inconnues,
A l'aventure et à l'Histoire
Qu'on construit après avoir bu.

Je sais tous nos éclats de rire
Qui pendant longtemps me suivront,
Me rappelant au souvenir
De l'insouciance où nous étions,
Et quand je ferai demi tour
Avec un livre sous le bras,
Je veux retrouver nos beaux jours,
S'il vous plait ne m'oubliez pas. ››

# Posted on Wednesday, 15 October 2008 at 6:31 PM

Edited on Friday, 17 October 2008 at 2:35 PM